CARNETS DESCARTES

Une même langue : deux mondes à part

Les premiers jours sont les jours de découverte de cette langue qui est la même que la nôtre, pourtant les différences sont nombreuses. L’accent est le premier point de contraste entre les deux pays. Il a fait rire plusieurs générations avec les Têtes à claques et nombreux sont ceux qui aiment l’imiter. Cependant, cet accent, j’ai mis beaucoup de temps avant d’en comprendre toutes les spécificités. L’accent québécois est bien plus chantant que l’accent français. Il transforme les mots de façon parfois étonnante. Il me semble que certains mots prennent d’ailleurs un aspect anglais dans la bouche des québécois. De plus, ils parlent très vite et coupent beaucoup de mots.

Il est nécessaire de discuter souvent avec des Québécois afin de commencer à comprendre toutes les phrases mais l’oreille se fait vite à l’accent. Je n’ai pas eu de problèmes de compréhension avec les professeurs. Les jeunes Québécois, eux, ont tendance à utiliser des expressions moins conventionnelles.

Ce qui m’a amusée le plus était la remarque récurrente des québécois que je venais de rencontrer “d’où vient ton accent ?”. On a souvent tendance à oublier qu’on a également un accent pourtant c'est le cas, on porte l'accent français.  

Comme c’est souvent le cas dans l’apprentissage d’une langue, j’ai d’abord été familiarisée avec les jurons du coin. Le célèbre “tabarnak” est souvent utilisé, accompagné d’une suite d’autres mots comme “calisse”, “ostie”... J'ai l'impression que les Québécois jurent souvent.  

Les Québécois ont tendance à ajouter des -tu dans toutes leurs questions. Par exemple : "Tu veux-tu prendre mon auto", ou encore "ça prend-tu une heure de route ?". Les expressions les plus communes sont les petits mots utilisés de façon régulière par-ci par-là. Par exemple il y a : "tantôt" pour tout-à-l'heure, "pantoute" pour pas du tout, ou encore "dans le fond" pour du coup. Cette dernière expression est utilisée dans presque toutes les phrases, c'est réellement un tic de langage. 

De ce que j’ai pu entendre, on peut diviser les mots utilisés ici en trois catégories :

  • Ceux qui sont communs aux nôtres.
  • Ceux qui sont des mots français que nous n’utilisons pas. Par exemple, là où nous employons le mot réveil, eux emploient le mot cadran.
  • Ceux qui sont des mots anglais mais conjugués comme le français. Par exemple, au lieu de “je me suis garé tout-à-l’heure” ce serait plutôt “je me suis parké tantôt”.

Il est réellement enrichissant de découvrir chaque jour de nouvelles expressions. Il est également surprenant d’apercevoir petit à petit notre langage qui évolue et notre accent qui se modifie subtilement au cours du séjour.