CARNETS DESCARTES

Une enseignante qui redevient étudiante… pour enseigner ! (Ou "la boucle est-elle bouclée?)

Bonjour à tous,

Après mon Bac, je me suis orientée vers le Droit, car je me destinais à l’époque à présenter les concours d’entrée dans les écoles de journalisme, et ce type de Licence m’avait été conseillée pour son apport en culture générale.

Cependant, durant ces trois ans je me suis éloignée de mon premier projet pour m’intéresser à l’enseignement. Il me semblait que cette branche comblerait elle aussi mes envies de diversités et d’échanges, avec en plus la satisfaction de me rendre « utile » à la société.

J’ai donc décidé de présenter le concours de recrutement de Professeur des écoles, le CRPE (dans les classes maternelles et élémentaires donc, pour garder un côté « généraliste » et « touche à tout ») une fois ma licence en poche.

Malheureusement, j’ai redoublé ma dernière année de licence… avec une seule matière à repasser, donc deux heures de cours par semaine. Un mal pour un bien puisque j’en ai profité pour m’inscrire dans un double cursus en Licence de sciences de l’éducation à Paris 5. Une vraie révélation : j’ai découvert les domaines de l’acquisition, de la pédagogie (Montessori, Freinet...), de la didactique, des sciences sociales en général. Tout ceci me passionnait, ce qui a conforté mon choix de devenir enseignante.

Une fois ma Licence de Droit (enfin) obtenue, j’ai été admise au CRPE en 2003. Depuis j’enseigne dans les classes allant du CP au CM2. Je suis très investie dans mon métier car j’estime que quitte à consacrer (au minimum) 8h00 de sa vie au travail par jour, autant faire en sorte d’être passionnée.

Justement, au bout de presque 15 ans d’enseignement, j’ai éprouvé le besoin de renouveler ma pratique, d’ajouter une nouvelle corde à mon arc. J’ai enseigné pendant 11 ans en Réseau d’Education Prioritaire, et j’avais très fréquemment des élèves allophones dans ma classe. J’ai donc été amenée à adapter mes pratiques pédagogiques à ce type de public, sans connaissance théoriques particulières en la matière et à repenser ma communication avec les parents quand ceux-ci ne maitrisent pas le français. Ceci m’a amenée à me poser beaucoup de questions sur le FLS, sur l’intégration linguistique et sociale des publics nouvellement arrivés en France etc.

J’ai donc demandé un congé formation d’un an que j’ai eu la chance d’obtenir et d’être acceptée en M1 DDL-FLE, toujours à Paris 5. J’ai profité de ce retour à la vie étudiante pour donner chaque vendredi des cours de FLE dans une association bénévole de ma ville, pour valider mes heures de stage nécessaires à la validation mon futur M2.  Ces nouvelles expériences universitaires et bénévoles m’ont prouvé à quel point j’aime enseigner et que j’apprécie beaucoup d’être face à un public d’apprenants adultes.

A la fin de l’année universitaire, pendant le mois de juin, j’ai été responsable de l’organisation d’un stage de FLE « intensif » : J’avais deux groupes d’apprenants à qui je donnais à chacun 3h00 de cours par jour du lundi au vendredi. Ceci a été très formateur et enrichissant pour moi d’organiser et de gérer une classe d’adultes apprenants de FLE au quotidien.

Aujourd’hui je partage mon temps entre le M2 et la reprise de mon activité professionnelle à mi-temps, en Grande Section de maternelle (encore un nouveau public, que je me surprend à observer d'un oeil "didactique").

J’espère par la suite enseigner en UPE2A (classes d’élèves primo arrivants en élémentaire ou au collège/lycée) ou bien en GRETA (centres de formation pour adultes sous l’égide de l’Education nationale). Je reste également ouverte à la possibilité d’enseigner à l’étranger, tout en sachant que je dois prendre en compte le fait que ce choix éventuel en prenant en compte ma situation familiale (la carrière de mon mari, la scolarisation de mes fille...).

Merci de m’avoir lue !

Vanessa G