CARNETS DESCARTES

Synthèse séminaire "Les hippies de Tulum" Mélissa Elbez

Melissa Elbez « les hippies de Tulum »

 

Tulum est une ville balnéaire à 2 heures de Cancun, il n’y a pas de grands hôtels. C’est une destination économique proche du tourisme balnéaire de Cancun. Le tourisme est initialement lié aux sites archéologiques maya. C’est un tourisme écologique, spirituel et thérapeutique, on parle de spiritualité New Age. Depuis plusieurs année il y a une migration de masse européenne, américaine et mexicaine.

Il y a deux catégorie de migrants :

  • Migration économique de mexicains issu de milieu ruraux ou de milieu urbain populaire qui migrent pour des raisons économiques. Cela peut être une migration alternative à la migration vers les états unis.
  • Migration pour le développement personnel, mais il y a tout de même la nécessité de travailler (par exemple comme saisonnier). L’intention de vivre dans une petite ville paisible près de la nature. Cette migration se fait souvent en deux étapes, tourisme avant de s’installer (processus qui touche aussi les migrants mexicains). C’est une installation « coup de foudre ». Il y a un amour profond du visiteur qui n’arrive plus à repartir. Il y a une population flottante de touriste résident qui viennent plusieurs fois par mois, ils sont principalement bénévoles, saisonniers, artisans nomades, back packer en transit, volontaire). Cette population est difficile à recenser puisque elle est mobile. Ils vivent dans des conditions rudimentaire et floute la distinction entre résident et touriste de par leurs loisirs, style de vie.... Ils produisent un effet ricochet car ils font rêver les touristes (ou les travailleurs) qui ne pensaient pas rester/ profiter.

Il y a une identité locale, alors que les gens travaillent beaucoup et ont peu de loisirs, ils disent quand même « je vis au paradis, en vacances toute l’année ». Melissa Elbez se demande pourquoi et définis 3 hypothèses :

  • Ce serai dû à la notion de travail émotionnel (surtout dans le secteur du tourisme car on leurs donnent des journées d’activité gratuite pour mieux vendre les activités qu’ils proposent)
  • Ce serai dû à la stabilité sociale symbolique. Ils n’ont pas un bon statut social (ils ont par exemple plusieurs travails..) et donc se sécurise avec le mode de vie de touriste.
  • Ce serai dû à la réputation de Tulum d’être une ville d’hippies. (Cela à commencer avec les mexicains et étranger venues dans les années 70). Les migrants ont un mode de vie hédoniste pour se sentir plus locale. « Je suis hippies, je suis tuluméens ». Les hippies européens étaient des touristes économiques donc cela permet de se revendiquer comme locale ayant les moyens.

Les hippies font référence pour l’identité locale. Ils sont désignés par la population locale sans consensus évident. Dans les années 70 Tulum est le point de rencontre pour les touristes sur la plage près des sites archéologiques.

En 1985, 8 campements sont tenus par des agriculteurs ou des « aventuriers ». Ces campements sont considérés comme sale et pauvre pour des touristes pauvres. Ce sont les campements de Santa Fe qui sont devenus légendaires par la vision d’une continuité du mode de vie « cool » et spirituel.

Un poème de la presse locale des années 90 « Santa Fe plage ultime » de Claudia Maggie est toujours d’actualité selon plusieurs aspects :

  • Tulum est et était la dernière bulle d’utopie bientôt écrasé par le all inclusive.
  • Tulum est le centre du monde, un carrefour cosmopolite, un pôle internationale. Le gouvernement voulait montrer Tulum comme vestige d’une ancienne culture maya mais cela ne fonctionne pas car elle garde son aspect internationale. Est tuluméen celui qui est habité par Tulum plus que celui qui y est née. Tout le monde peut être tuluméen. Le Tulum spirituel choisit comme une divinité ses habitants, c’est toujours Tulum qui décide.
  • Tulum se démarque par un lien thérapeutique, libre, sans contrôle, hors du système, c’est un « asile à ciel ouvert ».
  • Tulum est et était le mythe d’origine d’une fête à ciel ouvert, aux sons des tambours, avec des percussions, de l’alcool, de l’amour, des feux de bois, la mer…
  • Il y a depuis toujours une stigmatisation sociale des tuluméens considérés comme « fumeur, va nu pied » (alors que c’est faux, certains travaillent, il y a même un retournement des migrants économique qui maintenant s’identifie comme tumuléen).

On peut observer un retournement du stigmate hippie « Oui je suis tumuléen, et nous ont a des discussions élevées, on est pas superficiels, on a des échanges fraternels, on est libres. » (Les termes de « karma » et « énergie » sont largement utilisés.)

Le mythe d’origine sert de fondement à l’identité locale. Même si certains s’opposent à cette image, ils finissent par la renforcer. En été 2014, il y eu des arrestations répressives de vendeurs ambulants (profession très pratiqués par les hippies), basés entre autre sur des amalgames au sujet des hippies. Cette opération à eut lieu à cause d’une initiative des habitants/commerçants car ils considèrent qu’il y a concurrence déloyale de la part des vendeurs ambulants puisqu’ils ne paient pas d’impôts ni de loyer et gagne beaucoup d’argent comparés aux vendeurs locaux.

Cette répression policière n’est pas un phénomène nouveau (d’autres ont eu lieu dans les années 60, 70). On parle d’amalgames hippies/étrangers, les étrangers viennent influencer le mode de vies de certains mexicains. Ces étrangers ont un style de vie subversif, pas de loyers, pas d’impôts comme vus plus tôt ils sont donc impossible à recenser.

La répression policière de 2014 se focalisent sur les migrants étrangers et les vendeurs ambulants et les zones de vie des hippies, ils sont clairement visés. 

Mélissa Elbez à relever des propos d’habitants qui soutiennent cet amalgame, ils sont satisfaits des arrestations : »beaucoup ne font rien, ce sont des voleurs, drogués, ils survivent… » Il y a une critique constante sur les hippies considérés comme parasites cela permet à certains locaux d’avoir un discours xénophobe avec des arguments racistes.

D’où viennent ces amalgames ? Il y a deux explications, la première étant que les hippies créent plus de liens avec les étrangers ils parlent plus de langues que les locaux, ont un mode de vies pas contraignants donc ils peuvent rester sur la plage et créer un lien amicale avec les touristes (donc plus de possibilités de leurs vendre leur commerce et d’être confondus avec eux).

Le deuxième serait que les hippies ont un accès aux loisirs, plus que les mexicains moyens. Ils gagnent plus d’argent en deux heures qu’en huit heures pour les locaux (« alors qu’ils viennent de pays riches » d’après un habitants tuluméens). L’étranger à une image de colon, il y a un sentiment de revanche post-coloniale. Ils sont vus comme des blancs privilégier et des hippies opportunistes.

Les argentins font parties de la communautés la plus marginalisés par les locaux car ils ont la peau claire, un mode de vie hippies (ce sont des artisans nomades), ils sont donc la cible parfaite. On leur reproche d’être prétentieux, qu’ils vivent en entre-soi, ils sont condescendants, ils ne veulent pas s’intégrer à la communautés, ce sont une main d’œuvre pas cher, ils ont donc plus de boulot. Beaucoup d’habitants accuse les argentins de l’opération policière.

L’amalgame hippies/étrangers est dû au fait que les deux ne contribuent pas à la vie locales. Les répressions dépendent de l’autorité que l’on considère comme légitime de l’état:

- Si l’état à une forte autorité légitime, il faut de la répression selon les habitants.

- Si l’état n’a pas une forte autorité légitime, (ce qui est le cas pour une majorité d’habitants), on considère que les hippies ne font pas de mal, « de toute façon les politiques volent les impôts »( d’après un habitants tuluméens).

Pour le maire Tulum est interculturel, si on respect Tulum on est tuluméen, il n’accorde pas d’importance aux papiers d’identité, il n’agit pas contre les sans-papiers.

Le conflit apparent cache une alliance sous-jacente. Il y a un usage sociale, économique et politique des hippies. L’accord consiste à la protection des sans-papiers en échange du fait que ceux-ci prennent soin de la ville. Les sans-papier sont souvent bénévole pour la ville. Il y a de la corruption politique, les élus garde l’argent prévus pour payer les travaux, activités de la ville et les hippies travaillent gratuitement (de plus les hippies connaissent bien les habitudes et les goûts spirituels des touristes).

De plus, il y a un attrait politique pour l’explosion démographique : le budget municipale augmente et la ville ne dépend plus d’une plus grande ville voisine, cela accru le pouvoir des politiques, l’aspect marginale des hippies est facilement exploitable.