CARNETS DESCARTES

La saga Saw

Pour la plus part des gens, saw reste un enchainement de scènes sanglantes cherchant à surenchérir dans le gore. En effet, 6 de ces films ont été interdits au moins de 16 ans et 1 au moins de 18 (Saw 3). Budgétée à 57 000 000 $, la saga Saw est très rentable, récoltant 871 millions $ à travers le monde. La moitié des 871 millions a été amassée uniquement sur le sol américain, avec environ 56 millions de spectateurs. 27,5 millions $ ont été engrangés en France, soit 3 600 000 entrées. James Wan et Leigh Whannell, les co-réalisateurs, ont l'habitude de réaliser des films d'horreur rentable puisqu'ils cherchent d'abord des acteurs peu connus et parce qu'ils utilisent le moins de décor possible. Le premier Saw a ainsi été tourné en 18 jours seulement ! Les sept films ont été réalisés en seulement sept ans. Ils sont tous sortis aux alentours d'halloween. L'objectif de cet article n'est pas de spoiler l'histoire mais de prendre du recul et de présenter les valeurs et les messages se trouvant derrière cette œuvre.
Dans un premier temps je vais présenter le concept du film. Je parlerai ensuite de l'intérêt de cette saga.


« Que le jeu commence »


L'histoire tourne autour d'un homme, appelé John Cramer dans le civil. Après qu'un médecin lui annonce qu'il est atteind d'un cancer incurable, il tente de se donner la mort. Il décide alors de tester la nature humaine, et de commencer son « œuvre », en faisant passer des épreuves à ses « sujets ». Il devient finalement le Tueur au puzzle dit ‘jigsaw'. C'est ici qu'intervient la partie gore de la saga puisqu'il met ses ‘sujets' dans des situations où ils seront confrontés à leur propre mort. Pour y échapper, ils devront faire des sacrifices : se couper un bras, une jambe, tuer un autre sujet, s'enlever un œil pour récupérer une clé située derrière celui-ci ... Je distingue deux types de « sujets». Il y a d'abord les « sujets » sur lesquels jigsaw veut se venger : médecin, banquier, assureur, policier. Ensuite il y a de nombreux « sujets » qui sont jugés par le tueur comme des gens qui ont faits de mauvaises choses ou qui ne profitent pas de leurs vies : des alcooliques, drogués, violeurs, ... Jigsaw ne se définit pas comme un tueur puisqu'il pense que ce sont ses sujets qui se tuent eux-mêmes. Un sujet qui réussit son épreuve est sauvé, dans le sens où il aura subi une expérience assez marquante pour reprendre sa vie en main.


La saga est remplie de flashback et de rebondissements qui donnent toujours envie d'en savoir plus et donc de regarder les 7 films. Il est parfois difficile de se repérer dans le temps puisqu'on a du mal à évaluer depuis combien de temps ont eu lieu les images présentées dans le flashback.

John Cramer, dit Jigsaw

John Cramer, dit Jigsaw


L'intérêt de la saga


/ ! \ Ce passage révèle une partie de scénario / ! \


Cette saga présente, malgré les apparences, un fond intéressant puisqu'il nous plonge dans la peau d'un homme meurtri qui « est mort à l'intérieur ». Sachant qu'il va mourir, il est persuadé qu'il doit se servir de la chance d'avoir survécu à sa tentative de suicide en créant son œuvre qui reste sa dernière motivation pour vivre.
On apprend qu'il a eu une relation avec une femme, infirmière, avec laquelle il attendait un enfant. Elle perd son enfant en étant bousculée à l'hôpital, alors qu'elle travaillait encore, par un drogué qui l'a agressé pour avoir une dose. Le coupable sera sa première victime.


Saw est aussi une critique du système d'assurance actuel puisqu'après l'annonce de son cancer, Cramer se tourne vers la société d'assurance Umbrella Health, via son cadre William Easton, qui refusera de le couvrir pour un traitement expérimental contre le cancer. Par le passé, William Eatson avait présenté à Cramer son calcul permettant de savoir s'il faut assurer un demandeur ou non. Cramer en viendra à la conclusion suivante : Il faut assurer les gens qui vont vivre et laisser tomber les gens qui vont mourir. L'épreuve qui est, pour moi, la plus choquante de la saga oppose deux prêteurs sur gages, qui ont 60 secondes pour sacrifier des morceaux de leur chair et faire pencher une balance de leur côté sous peine d'être tués. Alors que le premier n'hésite pas à entailler profondément son flanc droit, c'est le deuxième qui survit en se coupant l'avant-bras gauche avec un hachoir. Cela montre que ces gens sont prêts à tout pour s'en sortir puisque généralement, les « sujets » ne vont pas au bout de leur jeu.


Pour conclure, le désespoir de jigsaw et le sentiment de vengeance contre les sujets qui ont pu faire le mal, mettent le spectateur du côté du tueur. Nous pouvons donc avoir envie de voir mourir certains des sujets ce qui présentent un effet de perversion et de curiosité propres à l'homme. J'ai aimé cette saga.

La marionnette emblématique de saw

La marionnette emblématique de saw